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Le communautaire tatoué sur le coeur

Marcelle Bastien, membre du Conseil Citoyen | par Michèle Stanton-Jean.

Pour Marcelle Bastien, prendre soin des autres a été le moteur de sa vie. Elle trouve que son parcours est un roman et elle a raison ! Alors qu’elle vit à Saint-Jérôme, elle devient orpheline suite au décès de ses parents en 1970. À 19 ans, sa vie change du tout au tout ! Aidée de ses tantes, elle prend en charge la famille de cinq enfants au sein de laquelle se développe une « solidarité incroyable ». Elle en sera tutrice pendant cinq ans.  

Premier emploi : monitrice de terrain de jeu, travail qui lui révèle sa capacité de mobiliser les gens. « Je suis une rassembleuse de nature ! », dit-elle. C’est d’ailleurs ce que confirmeront les étapes ultérieures de son cheminement. Les responsabilités importantes qu’elle a assumées très tôt ont forgé sa capacité de s’occuper des autres, en particulier les jeunes.  

Mariée en 1972, elle devient mère de jumeaux en 1976. Après son divorce, en 1981, elle s’implique dans des domaines liés au travail et donne des sessions de recherche d’emploi dans les Laurentides. En 1983, elle organise le Sommet québécois de la Jeunesse pour les régions des Laurentides et Lanaudière. Avide de compléter sa formation, elle étudie à l’UQAM où elle obtient un MBA pour cadres spécialisé en entreprises collectives, en 2006, à l’âge de 55 ans.  

À partir de 1995, elle ne cesse de s’impliquer dans la communauté. « Partout où j’ai vécu et travaillé, j’ai fait du bénévolat », confie celle qui a été membre de plusieurs conseils d’administration, dont celui de la FADOQ, région île de Montréal. Elle a ainsi fait bénéficier plusieurs organisations de son expertise en gestion et en programmation d’activités pour les jeunes et les adultes.  

Marcelle considère que le bon voisinage est la moitié de la vie. Sa plus belle expérience est d’avoir initié et réalisé la Verte Ruelle avec ses voisins des rues Laval et Hôtel de ville, entre Duluth et Rachel. Le projet, mené de 2007 à 2009, a changé les relations humaines et créé des amitiés durables. Après avoir été directrice générale du centre de loisirs communautaires Lajeunesse, de 1995 à 2016, elle avoue avoir « le communautaire tatoué sur le cœur ».  

Maintenant retraitée depuis 2016, elle poursuit néanmoins son bénévolat, car, à ses yeux, la retraite signifie plutôt une transition qu’un arrêt des activités. Même la pandémie ne viendra pas à bout de son énergie ! Dans sa résidence Rosemont les Quartiers, où elle vit depuis 2019, elle organise des marches d’une heure par étage, dès mars 2020. Ces séances quotidiennes dans la cour intérieure permettent aux résidents et résidentes de se connaître et de démarrer plusieurs autres activités.  

En 2022, elle y lance d’ailleurs le projet Recyclage des canettes. Avec qui pensez-vous ? Avec des jeunes ! Ayant constaté que les canettes allaient dans les ordures, elle cherche une maison de jeunes à proximité, rencontre la directrice et démarre un comité de jeunes de 12 à 17 ans. Tout se met alors en marche. Résultat : « Les gens de la résidence sont contents de se débarrasser des canettes et bouteilles, et les jeunes ont un comité pour financer des activités. »  Maintenant, les activités intergénérationnelles se multiplient : exposition de sculptures de glace, pétanque, billard, BBQ, marche. Les jeunes sont invités à participer au Marché de Noël, à titre de partenaires, où ils vendent des bougies et des savons qu’ils ont fabriqués. Au fil des activités, les jeunes en profitent pour parler avec les personnes aînées et celles-ci s’intéressent à leur vie. Forte de son expérience, Marcelle affirme sans hésiter : « Je serais ravie de préparer un devis détaillé pour aider à la mise en place de tels projets. »  

Marcelle, une citoyenne résiliente à part entière qui détruit tous les modèles âgistes !  


Portrait de personnes aînées  engagées: Nous poursuivons notre série de courtes entrevues de citoyennes membres du Réseau résilience aînés de Montréal (RRAM) afin de faire connaître à quel point il est essentiel de combattre la perception teintée d’âgisme que nous avons souvent des personnes âgées et de comprendre la nécessité de les impliquer dans les prises de décisions qui les concernent.

Leur parcours de vie et leurs engagements illustreront la contribution essentielle qu’elles  apportent à notre société  dans différents milieux et de différentes façons.

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